L'objet du mois d'octobre 2021 :

La raquette Donnay de mon père

Fig. 1. La raquette Donnay Gold n° 11639. Photo P. Cattelain, Écomusée du Viroin.

Pierre Cattelain, conservateur de l'Écomusée du Viroin


N° d'inventaire : 11639.

L. = 68,3 cm ; l = 22,9 cm ; ép. = 2,5 cm ; masse : 376 g.


Raquette en bois de frêne blanc (Fraxinus americana L. 1753), boyaux, cuir et décalcomanies. Presse serre-cadre en bois à vis papillon, destinée à maintenir le pourtour en bois entourant le cordage pour éviter les déformations dues à la variation des conditions atmosphériques : fortes chaleurs, humidité...


Il y a quelques années, j'ai offert à l'Écomusée du Viroin cette raquette Donnay en bois, appartenant à mon papa, Paul Cattelain. Il s'agit du modèle Gold, à petit tamis, créé en 1937 et dont la production se poursuit pendant plusieurs années. J'ignore la date à laquelle mon père, né en 1918, l'a acquise, mais je sais qu'il l'utilisait dans les années 1946-47, en jouant contre son beau-frère. Lorsque je me suis initié au tennis, au début des années 1970, mon moniteur m'a dit que cette raquette était trop lourde pour l'adolescent que j'étais et m'a fortement conseillé de passer à un modèle plus léger.

Contrairement à une idée fort répandue dans les années 1970, le boyau naturel, considéré comme le nec plus ultra en terme de cordage depuis les années 1800, n'était pas du boyau de chat. Si les chats n’ont jamais été utilisés pour les cordages, les moutons, par contre n’ont pas eu cette chance : leurs boyaux étaient en fait la source originelle des cordages de tennis.


Cependant, un certain nombre de facteurs ont éliminé les moutons du tableau. Le boyau de mouton présente en effet des inconvénients. L’un d’eux est que son utilisation de place les fabricants de cordage directement en compétition avec les bouchers-charcutiers pour la fabrication de certaines saucisses. De plus, la force de tension et la longueur des boyaux de moutons ne se prêtent pas bien au jeu de tennis actuel. Les raquettes plus rigides et plus larges requièrent plus de cordes avec plus de force de tension, d'où l'utilisation du boyau de bœuf, meilleur marché et plus long que celui du mouton. Encore faut-il savoir que la seule partie du boyau utilisée pour la fabrication des cordages est la séreuse, relativement courte, et il faut trois vaches pour réaliser le cordage d'une seule raquette. Imaginez la quantité de chats...!


Heureusement, la grande majorité des raquettes commercialisées actuellement sont munies de cordages réalisés en matériaux synthétiques.

Fig. 2. La raquette Donnay Gold n° 11639, dans sa presse serre-cadre. Photo P. Cattelain, Écomusée du Viroin.

Fig. 3. Affiche américaine du film de James Bond Octopussy, 1983. Document Grand Angle, Mariembourg.


Le saviez-vous ?


Le cadre, le tamis et le cœur sérigraphié d'une raquette Donnay figurent sur une affiche américaine du film de James Bond "Octopussy" sorti sur les écrans en 1983 : une belle opération promotionnelle.



Fig. 1. La raquette Donnay Gold n° 11639. Photo P. Cattelain, Écomusée du Viroin.


Fig. 2. La raquette Donnay Gold n° 11639, dans sa presse serre-cadre. Photo P. Cattelain, Écomusée du Viroin.


Fig. 3. Affiche américaine du film de James Bond "Octopussy", 1983. Document Grand Angle, Mariembourg.

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